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Blog voyage Maurice · 8 min de lecture

Black River Gorges National Park : guide de randonnée

Un guide de randonnée pratique et honnête du Black River Gorges National Park à Maurice : les principaux sentiers, les points de vue, la faune, les deux entrées et ce qu’il faut emporter.

Publié le 24 March 2026 par Belle Mare Tours

Pourquoi Black River Gorges vaut le détour

Le Black River Gorges National Park protège la plus vaste étendue de forêt indigène qui subsiste à Maurice, soit environ 6 500 hectares dans le sud-ouest montagneux et humide de l’île. Alors que la côte occupe les cartes postales, c’est ici que l’on découvre à quoi ressemblait Maurice avant la canne à sucre et les complexes hôteliers : des ravins profonds tapissés d’ébéniers et de tambalacoques endémiques, des lits de rivière envahis de fougères et des lignes de crête qui plongent vers la mer près de Le Morne. C’est l’endroit le plus indiqué de l’île pour marcher et pour observer la faune indigène.

L’entrée du parc est gratuite, ce qui surprend encore beaucoup de visiteurs. Il n’y a ni barrière ni billet pour les sentiers. Vous vous présentez simplement à l’une des entrées, signez le registre des visiteurs au centre principal si vous le souhaitez, et vous partez marcher. Le parc est ouvert tous les jours et les sentiers n’ont pas d’horaire de fermeture fixe, mais vous devriez toujours être revenu à votre voiture bien avant la nuit, car il n’y a aucun éclairage et aucun réseau téléphonique dans les gorges.

Une mise en garde honnête d’emblée : ce n’est pas un parc naturel léché et intégralement sécurisé par des garde-corps. Le balisage est inégal par endroits, les chemins peuvent être boueux et glissants, et deux ou trois des itinéraires les plus longs sont réellement exigeants. Cette rusticité fait justement tout son charme, mais elle implique de traiter une sortie ici comme une vraie randonnée, pas comme une promenade. Si vous préférez ne pas gérer la logistique vous-même, notre AI trip planner gratuit peut intégrer une journée à Black River dans un itinéraire plus large sur la côte ouest.

Les deux entrées : Pétrin et Black River

Le parc compte deux accès principaux, et le choix de l’un ou l’autre détermine toute votre journée. L’entrée est se trouve à Pétrin, sur le plateau central et frais, près de Grand Bassin (Ganga Talao), que l’on rejoint par la route depuis Curepipe ou Mare aux Vacoas. Pétrin est situé en altitude, autour de 600 mètres, si bien que les sentiers qui en partent commencent sur le plateau de landes et ont tendance à descendre dans les gorges. Ce côté est plus proche des points de vue célèbres et constitue le point de départ le plus facile si vous voulez des marches courtes et peu vallonnées.

L’entrée ouest se trouve à Black River (Rivière Noire), près du centre d’accueil, à l’écart de la route côtière au sud de Tamarin et de Grande Rivière Noire. Partir d’ici signifie commencer près du niveau de la mer et grimper, ce qui rend des itinéraires comme la montée au Black River Peak nettement plus difficiles à l’aller qu’au retour. Le centre d’accueil de ce côté dispose de cartes, de toilettes, d’un parking et de gardes forestiers capables de renseigner sur l’état des sentiers : c’est donc le meilleur choix pour une première visite ou une longue randonnée.

Une erreur d’appréciation fréquente consiste à sous-estimer le trajet. Depuis les hôtels de la côte est, autour de Belle Mare ou de Trou d’Eau Douce, comptez environ 75 à 90 minutes pour rejoindre l’une ou l’autre entrée, sachant que les routes du plateau sont lentes et sinueuses. Depuis Flic en Flac ou Tamarin, sur la côte ouest, vous êtes bien plus près, peut-être 30 à 45 minutes. Beaucoup de visiteurs préfèrent un transfert avec chauffeur à une voiture de location, afin d’être déposés à une entrée et récupérés à une autre ; vous pouvez organiser cela via notre service airport transfers et de chauffeur privé.

Les principaux sentiers, du plus facile au plus exigeant

Pour la plupart des visiteurs, la marche courte incontournable est le Macchabée Trail, qui part des environs de Pétrin jusqu’au belvédère de Macchabée : un itinéraire facile à modéré d’environ trois à quatre kilomètres dans chaque sens à travers la forêt indigène, essentiellement plat et bien tracé. Il donne une vraie idée de la forêt sans y consacrer la journée. Plus douce encore, la petite boucle près de Pétrin même convient aux familles et à tous ceux qui veulent tester leur équilibre dans la boue.

Un cran au-dessus en effort, le Parakeet Trail relie le secteur de Pétrin au centre d’accueil de Black River : une descente en aller simple d’environ huit kilomètres qui demande trois à quatre heures à la plupart des marcheurs. Parcouru en descente de Pétrin vers Black River, il est très abordable et récompense par une forêt changeante, des chants d’oiseaux et des vues sur les gorges ; c’est le grand classique en point à point, ce qui rend si utile un arrangement à deux voitures ou avec transfert. Le Macchabée Forest trail prolonge la marche pour qui souhaite une bonne demi-journée sous les arbres.

Le grand défi, c’est le Black River Peak (Piton de la Petite Rivière Noire), qui culmine à 828 mètres et constitue le point le plus haut de Maurice. Depuis le versant de Black River, c’est une montée raide et soutenue d’environ sept kilomètres aller-retour et de quatre à cinq heures, avec un ressaut final et, par temps clair, une vue panoramique sur la côte sud-ouest jusqu’à Le Morne. C’est gratifiant, mais à ne pas entreprendre à la légère : chaussez-vous correctement, partez tôt et faites demi-tour si les nuages arrivent, ce qui se produit souvent dès la mi-journée. Les marcheurs moins aguerris prendront plus de plaisir sur les sentiers du plateau et aux points de vue, dont plusieurs sont présentés sur notre page things to do in Mauritius.

Les points de vue accessibles en voiture

Tout le monde n’a pas envie de randonner, et le parc se montre généreux avec les automobilistes aussi. Les deux points de vue routiers incontournables se succèdent le long de la route panoramique entre Pétrin et Chamarel. Le Gorges Viewpoint (Black River Gorges Viewpoint) est le principal : une plateforme sécurisée qui plonge droit sur la vallée boisée jusqu’à la mer, avec un petit parking et, la plupart du temps, quelques étals vendant de l’ananas et des boissons fraîches. Par une matinée claire, la vue est réellement spectaculaire.

Un peu plus loin se trouve l’Alexandra Falls Viewpoint, à quelques minutes de marche plate depuis son parking, sur une plateforme dominant une cascade à plusieurs paliers encadrée de forêt indigène. Les deux haltes sont gratuites et ne prennent que quelques minutes, ce qui en fait le complément idéal si vous parcourez déjà la boucle de Chamarel pour voir les Seven Coloured Earths et la Chamarel Waterfall. Allez-y tôt : en fin de matinée, les gorges se remplissent souvent de nuages et la vue peut disparaître complètement.

Comme ces belvédères se situent sur la route qui mène à Chamarel et au sud, ils s’intègrent naturellement à une journée plus large dans l’ouest et le sud. Si vous préparez un itinéraire, nos pages /destinations expliquent comment Chamarel, Grand Bassin et Le Morne se relient, afin d’enchaîner les temps forts sans revenir sur vos pas à travers le plateau.

La faune : ce que vous pouvez réellement voir

Black River Gorges est le dernier refuge de plusieurs espèces qui n’existent nulle part ailleurs sur Terre, ce qui donne à une marche ici un véritable poids en matière de conservation. La vedette est la perruche de Maurice, ou echo parakeet, un perroquet endémique vert ramené du bord de l’extinction par un programme de sauvegarde intensif ; le Parakeet Trail porte son nom, et les marcheurs patients et silencieux parviennent parfois à l’entendre et à l’apercevoir. Le pigeon rose, autre histoire de sauvetage remarquable, s’observe occasionnellement près des stations de nourrissage, et la crécerelle de Maurice, autrefois l’oiseau le plus rare du monde, chasse dans le secteur.

Vous verrez très probablement la roussette de Maurice, une grande chauve-souris frugivore indigène, tournoyer au-dessus de la canopée au crépuscule, et vous entendrez bien plus d’oiseaux que vous n’en verrez dans la forêt dense. La forêt elle-même fait partie du spectacle naturel : ébéniers endémiques, tambalacoque (le fameux « arbre du dodo ») et enchevêtrement de fougères et d’orchidées indigènes, aux côtés d’espèces introduites que gardes et bénévoles s’efforcent de contenir. Il n’y a ni animaux dangereux, ni serpents, ni grands mammifères à craindre ; les seules vraies nuisances sont les moustiques près de l’eau et, de temps à autre, une troupe de macaques crabiers, qu’il ne faut jamais nourrir.

Soyez honnête avec vos attentes : il s’agit d’une forêt sauvage, pas d’un parc animalier, et les oiseaux les plus rares sont réellement difficiles à trouver. Avancez lentement, marchez en silence et emportez des jumelles si l’observation des oiseaux compte pour vous. Le petit matin est de loin le moment le plus animé. Quoi que vous fassiez, remportez tous vos déchets et restez sur les chemins balisés : s’en écarter abîme un habitat indigène fragile dont la protection a demandé des décennies.

Quand randonner et quoi emporter

L’hiver frais et sec, de mai à octobre, est la meilleure fenêtre pour randonner ici. Les journées sont plus claires, les sentiers plus fermes sous le pied, et les températures plus basses du plateau rendent les montées bien plus confortables qu’en été. Les mois d’été humides, de novembre à avril, apportent des pluies plus fortes sur cette partie de l’île en particulier, laissant les chemins glissants et boueux et noyant les points de vue dans les nuages ; en contrepartie, les cascades sont plus généreuses et la forêt plus luxuriante. Quelle que soit la saison, partez tôt, à la fois pour la faune et pour devancer les nuages de la mi-journée qui envahissent les gorges.

Préparez-vous comme pour un vrai sentier, même pour une courte marche. Emportez des chaussures solides ou des chaussures de randonnée avec une bonne accroche, car la boue n’est pas une plaisanterie après la pluie, ainsi qu’au moins un à deux litres d’eau par personne, puisqu’il est impossible d’en acheter à l’intérieur du parc. Ajoutez une protection solaire, un répulsif anti-moustiques, une veste de pluie légère car le plateau peut recevoir une averse sans prévenir, et quelques en-cas. Il n’y a pas de café dans le parc, seulement les étals saisonniers du Gorges Viewpoint : emportez donc votre propre nourriture.

Quelques notes pratiques. Le réseau téléphonique est peu fiable, voire inexistant, dans les gorges : téléchargez une carte hors ligne et prévenez quelqu’un de votre itinéraire et de votre heure de retour prévue. Prévoyez des espèces en roupies pour les étals de bord de route. Il n’y a pas de droit d’entrée, mais le stationnement au centre d’accueil et aux points de vue reste informel : ne laissez donc rien de valeur en évidence. Et si vous voulez que tout soit organisé de bout en bout, y compris un chauffeur capable de vous déposer à Pétrin et de vous récupérer à Black River, consultez les formules guidées de notre page tours & activities plutôt que de jongler avec une voiture de location sur les routes sinueuses du plateau.

Questions fréquentes

Y a-t-il un droit d’entrée pour le Black River Gorges National Park ?

Non. L’accès au parc et à ses sentiers de randonnée est gratuit, et il n’y a aucun guichet. Les deux points de vue routiers, le Gorges Viewpoint et Alexandra Falls, sont eux aussi gratuits. Vous ne payez séparément que si vous y ajoutez des attractions voisines comme les Seven Coloured Earths à Chamarel.

Combien de temps faut-il pour randonner dans le parc ?

Tout dépend de l’itinéraire. Les petites boucles de Pétrin et la marche jusqu’au belvédère de Macchabée demandent une à deux heures. Le Parakeet Trail, de Pétrin jusqu’à Black River, représente environ trois à quatre heures en aller simple. La montée au Black River Peak, point culminant de l’île à 828 mètres, est une sortie exigeante de quatre à cinq heures aller-retour.

Quelle est la meilleure période de l’année pour randonner à Black River Gorges ?

La saison sèche d’hiver, de mai à octobre, est la meilleure, avec un ciel plus dégagé, des sentiers plus fermes et des températures plus fraîches pour les montées. Les mois d’été, de novembre à avril, sont plus humides : les chemins deviennent boueux et les points de vue disparaissent souvent dans les nuages, même si la forêt et les cascades sont alors à leur apogée. Partez tôt, quelle que soit la saison.

Peut-on voir des espèces endémiques, et faut-il un guide ?

Vous pouvez observer des espèces endémiques comme la perruche de Maurice, le pigeon rose et la crécerelle de Maurice, ainsi que de grandes chauves-souris frugivores indigènes, même si les oiseaux les plus rares sont difficiles à repérer : avancez donc en silence et partez tôt. Aucun guide n’est obligatoire sur les principaux sentiers, mais il augmente nettement vos chances de trouver la faune et mérite d’être envisagé pour les itinéraires les plus longs ou les plus raides.

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